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Douze auteurs de science-fiction francophones visitent le CERN   

Les 29 et 30 janvier 2018, douze écrivains français et suisses ont confronté leur imagination au réel de la science. Après avoir découvert les hauts-lieux du CERN (du plus vieil accélérateur du CERN à la caverne de CMS, en passant par le hall d’antimatière), ils se sont frottés à quelques physiciens chevronnés dans des discussions passionnantes. Qui sait ce que cette rencontre leur inspirera ? Claude Ecken, l’un d’entre eux, raconte… (cliquez ici pour lire la suite)

Avec : Olivier Berenval, Catherine Dufour, Jean-Claude Dunyach, Claude Ecken, Laurent Genefort, Vincent Gessler, Laurent Kloetzer, Sylvie Lainé, Marc-Antoine Mathieu, Norbert Merjagnan, François Rouiller, Laurence Suhner.

 

« Bien sûr, nous suivons l'actualité scientifique avec intérêt. Bien sûr, nous avons été attentif à la naissance du LHC, célébré ses découvertes. Bien sûr, nous avons contemplé les photos et les vues panoramiques, scruté les schémas, arpenté les lieux au cours des visites virtuelles avec Google Street.

« Mais c'est une chose de nourrir son esprit de ces informations, et c'en est une autre que d'en faire l'expérience sensible. Rien ne remplace l'expérience du réel.

« Cette fois, nous sommes physiquement descendus dans la caverne du dragon aux rutilantes écailles. CMS se trouvait devant nous, imposant et magnifique de puissance contenue. Le regard erre d'un détecteur à l'autre, se laisse accrocher par les reflets de plaques métalliques ou attirer par l'entrelacs de fils colorés.  Il n'y a pas assez d'yeux pour tout voir.

« Bien sûr, nous savons les missions de ce concentré de technologie, nous savons le pourquoi, nous savons comment, mais nous ignorons le plus souvent le pourquoi du comment, le choix d'une solution plutôt qu'une autre, la difficulté résolue par une astuce ingénieuse, présentant toutefois un écueil à son tour surmonté par de nouveaux trésors d'imagination. C'est bien ce majestueux ballet intellectuel qui fascine. Comme dans une chorégraphie de dominos basculant les uns après les autres, se succèdent les problèmes de pression et de température, le choix des matériaux d'isolation et celui des supports, où interviennent tous les corps de métier pour faire du LHC le plus puissant instrument de mesure de tous les temps. L'évidence du comment apparaît dès lors comme le casse-tête résolu par une impressionnante mise en synergie de toutes les intelligences mobilisées. Et c'est là que se dévoile l'aventure humaine.

« Elle nous a été rappelée avec la visite du premier accélérateur et l'historique jalonné de tant de réussites et de si impressionnantes figures, elle a été confirmée dans le hall antimatière et la salle d'essai des modèles d'aimants,

« Il y a au CERN un improbable mélange de haute technologie et d'improvisation, l'apparent désordre d'un chantier permanent voisinant avec la phénoménale précision d'un assemblage hors normes. Il est assurément le reflet des idées, évanescentes ou récurrentes, fantasques ou géniales, bouillonnant dans des esprits que disciplinent une soif identique de connaissance, ce que les quelques échanges, en privé ou en groupe, ont mis en évidence.

« Et c'est ce qui, avant tout, impressionne : cette capacité à rassembler autant de compétences, à réunir autant d'individus venus du monde entier. L'exploit technologique est d'abord un exploit humain.

« Ce que la grisaille de l'actualité fait parfois oublier, c'est que les humains savent aussi se rassembler et collaborer pour construire des projets qui les dépassent.

« Merci aux organisateurs, Raphaël Granier de Cassagnac, Mathias Echenay, Alexandre Zabi, le groupement des français du CERN, les LabEx P2IO et Enigmass, d'avoir permis cette rencontre. Ils nous ont, assurément, fait rêver plus fort. »

           

Claude Ecken

 
I--TRAMA, dépêche du 16/05/2018

 

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