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Talents de P2IO : Damian Ralet, post-doc au CSNSM   

Damian est post-doctorant sur une bourse P2IO depuis 2 ans au CSNSM. Il travaille sur le détecteur AGATA. Cliquez ici pour en savoir plus.

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S’il est difficile de vérifier que les chats ont neuf vies, il suffit en revanche de quelques instants de discussion avec Damian Ralet pour constater que lui en a au moins trois. C’est évidemment son parcours de physicien qui nous le fait croiser pour ‘les Talents de P2IO’. Après une scolarité dans ses Vosges natales, mais attention Damian tient à préciser qu’il est belge, c’est en prépa au Lycée Kleber de Strasbourg qu’il a entamé ses études supérieures. Dès le début il visait une des trois écoles française d’ingénieurs à dominante physique, pour mémoire l’ENSICAEN, PHELMA à Grenoble (ex-INPG), et TELECOM PHYSIQUE (ex-ENSPS) à Strasbourg. Mais avant de toucher son but, il fallait survivre à la prépa, son rythme intensif et monacal, interdisant toute autre activité que scolaire pendant deux voire trois ans… En fait très peu pour Damian, qui comme beaucoup d’autres étudiants devait subvenir en partie à ses besoins, tout en finançant sa passion dont nous reparlerons.

Prépa ou pas, il continua donc de travailler dans le monde de la restauration. Un monde qu’il avait commencé à découvrir en secondaire, à la plonge un week-end sur deux, puis au service en salle ou encore comme extra pour des mariages ou cocktails, le tout dans un restaurant vosgien de cuisine traditionnelle. Il aurait pu en rester là pour cette activité « alimentaire », mais Damian ne fait pas les choses à moitié, et il a profité de cette expérience pour parfaire ses propres qualités culinaires. Ses réalisations favorites ? Les viandes en sauce. Il a récemment relevé le défi gastronomico-familial d’une dinde farcie de sept kilos pour le réveillon de Noël. Mais pas d’exclusive, les croquillettes au Munster ou la tarte aux brimbelles figurent aussi à sa carte. Et n’allez pas lui parler d’innovation technologique dans ce domaine, cette splendide application de la physique qu’est le four à micro-ondes est bannie de ses pratiques. Vous connaissez beaucoup d’étudiants qui n’aient pas le dit appareil dans leur cuisine ? Mais revenons à la science, c’est finalement son premier choix, l’école de physique de Strasbourg, qu’il rejoint. En troisième année d’école, il choisit le Master de physique subatomique et astroparticules, et s’oriente rapidement vers la physique nucléaire. D’après lui, ce domaine « à taille humaine » permet de suivre de près et les aspects scientifiques et les aspects technologiques d’une expérience. Son premier stage le conduit au GSI à côté de Darmstadt, sur les manipes de la collaboration RISING pour mesurer les rapports isomériques des produits de fragmentation de l’AG107. En stage de M2 il retourne au GSI, et confirme sa vocation d’expérimentaliste en développant sur FPGA la logique du trigger pour les expériences de la collaboration PreSPEC. Ce stage fournit la base de sa thèse à l’Université Technique de Darmstadt, autour du détecteur AGATA (Advanced GAmma Tracking Array). Damian travaille sur l’électronique et la DAQ pour le suivi et l’identification des particules, il écrit en particulier le trigger qui optimise le compromis détection/temps mort/fausse alarme des deux mille voies de signal utile de l’expérience. Chaque manipe réalisée pendant sa thèse a généré deux To de données utiles, correspondant au trentième du signal total avant discrimination par le trigger. En tant que premier auteur, Damian a signé un papier technique et un papier de physique. Outre ces réalisations, Damian a ramené d’Allemagne une vraie maîtrise de l’allemand. Rien ne l’y obligeait car l’anglais est la langue de travail au GSI et les expatriés sont plus représentés que les nationaux. Suite à sa thèse, Damian rejoint en septembre 2015 le CSNSM, avec une bourse de post-doc P2IO, et continue à travailler sur AGATA, déménagée entre temps en semi-remorque au GANIL. A son « menu » cette fois beaucoup d’informatique, pour traiter au mieux les 30 To de données accumulées, le tout dans l’environnement de cloud computing de l’infrastructure déployée au LAL et partagée par les labos de la vallée.

A  la question traditionnelle de son lieu de vie, voici une réponse qui tranche avec ses prédécesseurs. C’est à Palaiseau qu’il est installé, et il vient à vélo au labo. Pas de RER B donc, et pas d’attirance particulière pour Paris, ça change ! Outre l’environnement scientifique propice à un physicien, il apprécie également la proximité avec la forêt de Fontainebleau ou la Vallée de Chevreuse, qui lui permettent d’assouvir sa passion pour l’escalade. Une passion qu’il a pu pratiquer activement et, comme toujours avec un grand investissement, en Allemagne, en Vallée du Danube comme dans le Frankenjura, jusqu’à escalader des voies classées 7A/7B (les spécialistes apprécieront).

Physicien, cuisinier, grimpeur donc, finalement Paris-Saclay semble être un endroit idéal pour poursuivre ses trois vies intenses, bonne chance à Damian pour le prochain concours CNRS, en espérant le recroiser prochainement sur le périmètre P2I/P2IO.

 

Jean-Christophe Trama pour P2IO

Crédit photographique Sylvaine Pieyre, LLR

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I--TRAMA, dépêche du 15/02/2017

 

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